Une petite vidéo pour comprendre les enjeux

 

Synthèse du colloque organisé par la LPO - 30 novembre 2016.

 

Introduction

Florent Chappel (Direction de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages, DHUP,  ministère du Logement).

  • Le thème de la continuité écologique était déjà dans le plan Ville Durable de 2008, adopté en 2019
  • C’est un enjeu majeur dans le programme Ecocité (sur les 31 projets, 70% ont des actions sur la continuité écologique, comme Rennes par exemple)
  • La continuité écologique est dans le référentiel pour le Label Eco-Quartier
  • Des annonces dans le cadre de Nature en Ville
  • Aujourd’hui, plus un sujet de discussion, mais d’action : comment faire

Antoine Cadi (LPO France)

  • Intérêt ancien pour la nature en ville (les refuges ont plus de 90 ans)
  • Depuis le Grenelle de l’environnement, un nouveau dialogue entre naturalistes et spécialistes du bâti.
  • L’objectif est de trouver collectivement des solutions
  • Urbanisme Bâti & Biodiversité a été créé pour creuser les différents sujets, faire des recommandations, et éditer des fiches techniques.

De l’architecture à l’urbanisme, le rôle du scientifique

Philippe Clergeau, Muséum National d’Histoire Naturelle

  • La pérennité de la biodiversité et le réchauffement climatique sont les deux grands défis que l’humanité doit relever
  • La nature est bien présente en ville. De nouveaux écosystèmes. Différentes espèces colonisent, certaines s’adaptent.
  • Mais l’environnement est plus pensé pour le citadin que pour la biodiversité : un parc à l’anglaise ferait beaucoup plus par exemple qu’une simple pelouse qui n’offre aucun intérêt pour la biodiversité.
  • 20% de la surface en métropole est urbanisée. On ne peut donc plus faire l’impasse. L’organisation du paysage (approche globale) est nécessaire ; la ville s’étend plus vite que le nombre d’habitants. Les corridors entre réserves de biodiversités sont donc essentiels. Ils sont aujourd’hui le plus souvent discontinus, quand ils existent…
  • On doit sortir du naturalisme (et d’une forme d’intégrisme) et composer avec le désir du citadin. Le scientifique a donc un rôle clé pour aider à trouver de vraies solutions avec les urbanistes, dont on peut regretter qu’ils soient très insuffisamment formés à ces sujets.
  • Il s’agit de conserver un patrimoine, d’un problème éthique par rapport aux espèces, mais surtout de services rendus : fournir, réguler, cultiver. C’est une source de bien-être.
  • Bien-être local (jardins, parcs, …) et bien-être global (quartiers…)
  • Le rapport à la nature a changé. La tendance est à multiplier les espaces verts (enjeu social, de santé, améliorent le cadre de vie, régulent certains problèmes environnementaux) et à verdir les bâtiments.
  • L’évolution des jardins privés : potager -> détente -> nature. Le citadin est devenu un acteur principal. Il faut développer le maillage intra-urbain. Importance de haies diversifiées qui constituent des refuges.
  • Pour les villes très denses : les pieds d’arbre ne peuvent pas vraiment constituer des corridors, mais peut participer. Des insectes peuvent y progresser.
  • Pour les toitures et les murs végétalisés : difficile. Le mieux est de laisser s’installer les espèces, les oiseaux amènent les graines. La continuité y est difficile car les espèces sont très différentes.
  • L’agriculture urbaine explose depuis 2 ans, mais cela n’a rien à voir avec la biodiversité. Par contre, cela peut constituer un traitement écologique de la parcelle.  La permaculture est un vrai domaine de recherche, mais on ne sait encore rien de son apport à la biodiversité.
  • En conclusion : la biodiversité est indispensable à la durabilité de la ville/ il faut sortir du naturalisme pour tendre vers une écologie globale/ la nature en ville doit être co-construite/ les diagnostics de biodiversité peuvent inspirer un nouvel urbanisme/ on peut aussi requalifier l’existant.

 

Etat des lieux sur la mise en œuvre de la Trame Verte et Bleu (TVB) en France, rôle de l’état

Antoine Lombard, Ministère de l’Environnement

  • La trame verte est composée des réservoirs de biodiversité (espaces protégés), de corridors écologiques qui relient ces réservoirs), et de la couverture végétale le long de certains cours d’eau
  • La trame bleu est composée de cours d’eau, de canaux classés, et de zones humides
  • Les Schémas Régionaux de Cohérence Ecologique (SRCE) : documents de planification et de projets pour les collectivités. Ils sont les cadres juridiques pour la mise-en-œuvre, et fournissent des outils multiples pour agir.
  • L’objectif des TVB est de développer de nouvelles formes de mobilisation des acteurs.
  • Une trentaine d’indicateurs pour le suivi
  • Site Trame Verte et Bleu de l’observatoire national de la biodiversité.

Note B78 : Le SRCE d’Ile de France a été adopté en octobre 2013. La fragmentation et la destruction des milieux naturels par la consommation d’espace et l’artificialisation des sols sont les premières causes d’érosion de la biodiversité. Nos forêts (Saint-Germain, Marly) nous placent au cœur d’un réservoir de biodiversité, avec 5 corridors devant le relier à d’autres réservoirs  (dont 3 dans la région).

 

Rôle des collectivités territoriales et des associations

Gilles Lecuir (Natureparif)

  • Concours Capitale française de la biodiversité
  • Associations et collectivités territoriales sont au cœur de la transformation
  • Nombreux exemples : Plérin/ Saint-Brieuc, pôle Caen/Normandie, Le Havre, Montpellier, Rennes, Courbevoien etc…
  • Les projets : atlas de la biodiversité communale, mode d’occupation des sols, schéma vert des délaissés urbains, dés-imperméabilisation/ naturation, restauration d’infrastuctures agro écologiques, restauration de zones d’expansion des crues, création de réserve naturelle régionale, écojardins, trame noire,…
  • Souvent considérés comme facteurs d’attractivité
  • Exemple de Rennes : conseil local de la biodiversité (scientifiques, associations, politiques)
  • L’apport d’un scientifique est toujours un plus énorme
  • Ne pas oublier la sensibilisation au comportement citoyen (exemple ; les déchets)

Exemple de la Communauté d’Agglomération Pau-Pyrénéées

Alexia Quintin LPO

  • Diagnostic des espèces, des habitats. Choix des sous-trames
  • 18 groupes d’espèces, 20 habitats naturels, 1023 espèces, ¼ d’espèces protégées
  • Identification des réservoirs, des corridors.
  • Outil d’aide à la décision pour l’urbanisme, atlas cartographique
  • Effort sur la durée, et support constant. Bonne entente entre les parties


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