La loi du 15 Juillet 75 dit : « .. est appelé déchets tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation, toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l'abandon».

Cette approche pose problème. Dès qu’il y a recyclage, il n’y a plus abandon et donc pas de déchets. Les seuls vrais déchets sont donc ceux qui finissent en décharge, enfouis. Même les déchets non recyclés comme le verre, le métal, ou le papier, s'ils sont brulés, fournissent de l’énergie. Là non plus, ils ne sont pas « abandonnés » en l’état.

Il y a beaucoup de confusion derrière ce mot "déchet". Ce qui est un déchet ici ne le sera plus là, et la loi prévoit parfois des contraintes pour certains déchets, au sens habituel, même si ce n’en sont pas au sens de la loi... Sans compter que certaines lois, EU ou françaises nomment déchets des entités appelées à être recyclées, dans des textes sur ce sujet.

A l'inverse, dans le cas du nucléaire, on prend bien le soin de préciser "déchet réutilisable" pour les valoriser dans la communication (et comptablement?) alors qu'ils n'auront à l'évidence jamais aucune utilité dans leur immense majorité.

Le mot "déchet" est donc souvent inappoprié, mais il a aussi une valeur négative, et d'une certaine façon, ce qui est plus grave, permissive. On associe inconsciemment à cet abandon, l'idée d'une fin de vie définitive et inéluctable à tout ce qui reste de notre (hyper)consommation. Ce serait finalement dans l'ordre des choses de produire des déchets.
Ce que l'on jette et qui sera recyclé ou mis dans son compost a une utilité dans le contexte d'une économie circulaire. Ce ne sont donc pas des "déchets", mais des résidus utiles, même si cela s'accompagne d'une dépense en énergie et d'une consommation en matière première qui pourrait être évitées. Ils deviennent des "sous-produits" dans un nouveau cycle.
Penser "résidu utile" ou "sous-produit" en banissant le mot "déchet" de notre quotidien permettrait peut-être d'encore mieux prendre conscience de l'importance du tri, du recyclage, de la réparation, du don, du partage...
En valorisant pour nous même la seconde vie de nos sous-produits, peut-être commencerions nous aussi à développer notre questionnement  sur ce que l'on va prélever dans ce cycle: est-ce absolument indispensable? et notre questionnement sur ce que l'on va générer en aval comme résidu: ne peut-on pas faire mieux?



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